02/01/2012

Mike A. Lancaster, 0.4



The key to being a good writer is the ability to shift reality in whatever direction best serves the characters and the story. Mike A. Lancaster

21/06/2011

❘ Goodbye Mister Clarence ❘

Clarence Clemons passed away


Le légendaire sax du Boss s’est éteint. Grand saxophoniste du rhythm’n’blues, Clarence Clemons était devenu un membre historique au sein du légendaire E Street Band. Quarante ans de présence fidèle auprès de Bruce Springsteen, d’échanges musicaux et verbaux, nous ne pourrons que déplorer son absence.



21/02/2011

John Irving, commencer par la fin



John Irving et l'écriture

Je crois que pour être romancier, il y a deux éléments psychologiques incontournables : trouver dans son imagination une forme de consolation de la réalité, un moyen de s’extraire de son quotidien tout en habitant son corps. Et avoir le désir d’être seul. On n’écrit pas de romans, du moins pas de façon si longue et si lente, si on ne goûte pas cette solitude. Je commence toujours par la dernière phrase et j’élabore à rebours le reste de l’histoire, son architecture, ses temps forts. J’y passe beaucoup de temps, parfois davantage que pour l’écriture elle-même. Je me souviens d’une époque où je me disais : pourquoi toujours commencer par la fin ? Aujourd’hui, j’ai compris que c’était la méthode qui me convenait.

Propos recueillis dans le Figaro.fr Madame par Julien Bisson, 21 février 2011.







Comment écrivez-vous ?
J’écris les premiers jets dans des cahiers de tout genre, toujours d’un seul côté de la double page afin de pouvoir mettre des mots ou des encarts sur la page vierge qui est en vis-à-vis. J’écris tout à la main. Tout le roman. J’écris également la plupart de mes brouillons ainsi. Si je commence un nouveau chapitre alors que je suis déjà en train d’en écrire un, je tourne le cahier sur lequel j’écris et je commence à noircir l’autre bout. J’utilise des cahiers ou des carnets vierges. Parfois, quand je suis chez moi, je me sers du verso de vieux jeux d’épreuves - ça préserve l’environnement. Je préfère écrire à la main car je suis trop rapide au clavier : avec la machine à écrire ou l’ordinateur portable je vais trop vite pour les premiers jets, beaucoup plus vite que je ne le veux vraiment, et, surtout beaucoup plus vite qu’il ne le faut pour écrire quelque chose de vraiment bon. Ecrire à la main me force à ralentir. Et cela permet de contrôler le style. Vous pouvez voir la différence entre mes manuscrits et ma correspondance tapée à la machine : à la machine ou à l’ordinateur, je fais beaucoup d’erreurs car je vais trop vite. Pour l’écriture d’un roman, je n’utilise la machine ou l’ordinateur que lorsque je corrige mon manuscrit : là, je ne redoute plus d’aller trop vite car je connais l’histoire, je connais chaque passage et je les peaufine.
Qu’est-ce qui est le plus important, l’intrigue ou le style ?
Le plus important de tout est le langage. Quand je commence l’écriture d’un roman, je sais déjà tout ce qui va se passer. L’intrigue est déjà en place. Je suis donc plus attentif au langage, plus concentré, car je ne suis pas en train de me demander : "Mais à quel moment Untel va-t-il se repointer ?" Je sais exactement quand Untel va se repointer : il va se passer cinquante ans avant qu’il se pointe de nouveau. Donc, n’ayant pas à penser à ces choses, je me concentre sur ce que je suis en train d’écrire : "Ça c’est un passage descriptif, ça devrait aller doucement, les phrases devraient être courtes ; voilà le dialogue qui convient, à tel endroit cela devrait aller plus vite ; voici l’action, Jane est prise pour un ours, etc." Prendre les phrases, les raccourcir, accélérer le dialogue, c’est de l’action. C’est cela, le travail de l’écrivain.

Extrait publié dans L’Express.fr, François Busnel, le 21/01/2011

 Mini-bio :
 1942 : naissance à Exeter, dans le New Hampshire.
 1968 : parution de son premier roman, Liberté pour les ours !
 1978 : triomphe planétaire pour Le Monde selon Garp, qui rafle le National Book Award.
 2000 : oscar du Meilleur Scénario adapté pour L’Œuvre de Dieu, la part du Diable.
 2011 : sortie de Dernière nuit à Twisted River, son douzième roman, aux Éditions du Seuil.

08/10/2010

❘ Pont de Tacoma ❘

USA, 1940


Le pont de Tacoma relie les villes de Tacoma et Gig Harbor dans l’État de Washington aux États-Unis.


Le premier pont, inauguré le 1er juillet 1940, s’est effondré le 7 novembre 1940, constituant un des plus célèbres accidents de génie civil.



30/09/2010

la cérémonie d'hiver ♥ élise fontenaille



Stanley Park, Vancouver.

Eden, jeune indienne de vingt-trois ans, danse autour d'un feu sous le regard protecteur de Sky, son aigle. Elle invoque la mémoire de Violett, sa grand-mère morte en prison, "assassinée" pour avoir défendu son principe de vie: libre à tout prix.

Eden décide d'appliquer la loi de la vengeance, celle de la nature. Le ton est donné.

L'écriture d'Élise Fontenaille est efficace, percutante. Les phrases courtes et tranchantes s'enchaînent et nous livrent un hommage généreux aux indiens Haïda, minorité mise en difficulté par la mondialisation, tout en mettant en avant un fait divers qui s'est déroulé en amont des Jeux Olympiques.

Et puis vient cette phrase, page 28: "Il nous faudrait un Malcom X indien…" Surprenant.

À lire absolument.

La Cérémonie d'hiver, Élise Fontenaille, Éditions du Rouergue, 2010


29/09/2010

❘ The Lightning Field - land art ❘



LE CHAMP D’ÉCLAIR, USA, 1977

Né en 1935 en Californie, Walter De Maria fait ses études dans les années 1950 à l’université de Berkeley et devient plasticien.
A la fin des années 1960, il devient l’un des représentants majeurs du Land Art. En 1968, il crée son premier Earthwork en remplissant de terre la Heiner Friedrich Galerie de Munich. La même année, il se confronte directement à la nature en effectuant une marche dans le désert Mojaves, The Mile Long Drawing in the Desert.

L’artiste réalise de nombreux projets dans les déserts du sud-ouest des Etats-Unis, dans le but de créer des situations où la nature, la lumière et les conditions météo fournissent ensemble une expérience intense, à la fois physique et psychologique.




The Lightning Field (Le Champ d’éclair, 1977) est son œuvre la plus connue : 400 poteaux d’acier inoxydable, répartis sur une grille virtuelle d’un mile sur un kilomètre, bouleversent la vision du paysage et sont illuminés par la foudre lors d’orages…



Dans son premier ouvrage jeunesse, Chasseur d’orages, Élise Fontenaille met en scène un jeune adolescent, Herb, dont le grand-père, foudrologue, avait prévu de l’emmener sur ce lieu mythique. Herb entreprendra tout de même le voyage jusqu’aux Lightning Field pour éparpiller les cendres du vieil homme. Roman épuré, sensible et délicat.

27/09/2010

dernier train pour buenos aires ■ herman ronsino


Un roman bref et efficace.
Remarquable dans sa construction, ce récit polyphonique nous embarque à travers quatre monologues dans un univers essentiellement masculin: Vardemann, octobre 1973 - Bicho Souza, décembre 1984 - Miguelito Barrios, juillet 1966 - Folcada, décembre 1959. Ce qui est remarquable c'est cette habileté à poser chaque récit dans son époque, à maîtriser les ellipses tout en tricotant une énigme, un mystère qui ne sera révélé qu'à la dernière phrase. Et encore, il faudra se repasser le film à l'envers, puis à l'endroit pour saisir toute la dimension de ce schéma narratif dont le fil conducteur est un crime passionnel. Du grand art.
À consommer sans modération.

Dernier train pour Buenos Aires, Liana Levi, 2010

Herman Ronsino
Dernier train pour Buenos Aires est le deuxième roman écrit par ce jeune auteur argentin, sociologue, né en 1975 à Chivilcoy. Son premier roman, La Descomposicion, n'a pas encore été traduit en français. Un auteur à suivre, car sa voix semble être une des plus singulières de la littérature argentine actuelle.

26/09/2010

Jonathan Franzen, saisir le monde

Jonathan Franzen et le roman


Pour moi, a affirmé Franzen, faire quelque chose de neuf pour le roman ne signifie pas développer une forme qui n’aurait jamais été vue sur terre auparavant. Cela signifie essayer de saisir, comme personne et comme citoyen, ce qui se passe dans le monde aujourd’hui et de le faire d’une manière compréhensible et cohérente.


LE MONDE DES LIVRES | 22.09.10 |Quand Franzen électrise New Yorkpar Lila Azam Zanganeh

25/09/2010

Advice for aspiring writers

Sur son site, Jesse Kellerman, auteur de Les Visages aux Éditions Sonatine, répond à sa manière aux personnes qui lui demandent comment peut-on se faire publier.


Voici l’intégralité de la réponse de Jesse Kellerman telle que vous pouvez la lire sur son site :



People ask me all the time for advice on how to get published. There isn’t one good answer to that question. Writing professionally requires a combination of skill, luck, and diligence, and every writer has his own system.

That said, I have learned one or two things over the years.
1) Be organized. I am a big proponent of outlines, having learned the hard way that failure to use them results in a meandering, spineless book. The middle of the story is what suffers most. This is because I often have a great premise and a great ending but no clear way to connect them. As excited as I am to jump straight in and write that opening scene, I’ve found that doing more work in advance saves me a lot of trouble down the line.
My outlines are therefore very detailed, usually running 60-90 pages. Sometimes I’ll even include bits of dialogue or phrases that feel important. It’s basically a proto-book, and it gives me something to refer to when I feel like I’m out of gas or can’t remember what’s supposed to come next. Having that there to rely on is a great comfort.
Of course, it’s important to be flexible in execution. There’s no guarantee that the 4-6 weeks I spend outlining are the most creative and precise weeks of the year. I frequently restructure the entire book about midway through in order to incorporate new ideas or to accommodate characters who have grown in unanticipated ways.
2) Rewrite. For me, at least, the majority of the work is not done on the first draft but on the second through thirtieth. I begin each day by rewriting the previous day’s material, which gives me an extra rewrite in addition to getting me in the groove to continue. In days of yore, agents and editors would work with authors to refine manuscripts they felt had promise. Not so anymore. These days they want a completely finished, highly polished product—something they can sell quickly. What I usually tell people is to rewrite until you think that the book absolutely cannot be improved any further. That’s the time to send it in, and not before.
3) When in doubt, cutWriters by nature love the sound of their own words, and the hardest part of becoming a professional is learning to accept that what you find incredibly droll is oftentimes uninteresting to others. It’s a bitter pill to swallow but a necessary one. Most of what we write is going to be bad. (Hemingway said that he wrote one page of masterpiece to ninety-one pieces of shit. The trick was to put the shit in the wastebasket.) The key here is learning to evaluate your own work with the same critical eye you bring to a stranger’s work. You need to love to analyze text, need to love picking it apart to see how it works and doesn’t work. In college I used to edit my friends’ papers because I felt that it worked as a “reset” on my brain, enabling me to come to my text with a greater sense of objectivity. Do whatever it takes to give yourself distance from the work. Set it aside for a month. Give it to someone you love and trust and ask them to be brutally honest (and be prepared to bite your tongue). Read other books. Read old work of yours and note what mistakes you madeThink about how you would fix them now. Then look at the current manuscript and ask yourself if those same problems are still plaguing your writing.
4) Trust yourself. You have to learn when to ignore people.
One particular point here : I would advise against deliberately setting out to make a book “more commercial.” In my opinion, that’s a losing game. The reading market is highly unpredictable, and it’s extremely tough to anticipate what will sell. You could try to match the structure and tone of a successful book (say, The DaVinci Code) but odds are you won’t be able to do it. Only Dan Brown can write The DaVinci Code, and attempting to mold one’s writing to an abstraction such as “commercial appeal” often results in a lifeless text. You should write about what you know and love. This is not just a matter of principle but solid writing advice. Editors and readers have good BS detectors. I can tell when a writer isn’t working from the gut, and I will usually put the book down. You have a story to tell that cannot be told by anyone else, in any other way, and if you’re talented and lucky and work hard, you will find the right way to tell it. In other words, to thine own self be true. This is not to say that you can’t make things up, but rather that your voice, your true voice, is what will draw people in.
And, along those lines…
5) Never give up. This sounds elementary, but a lot of times it’s easy to forget just how many agents there are out there. It’s quite possible that one will reject your book for a number of reasons while another loves it for those very same reasons. The trick is to find somebody whose interests align with yours. To that end, I would begin by making a list of writers you admire and/or whose style is comparable to yours. Find out who their agents are (Google can usually help you there, or else write to the publishing house), and start by querying them. It’s by no means a surefire way to make a match, but at least you won’t be firing completely into the ether.
6 [although really it should be 1-A, because this is a different type of advice]) Recently a young woman e-mailed me to ask how I knew I had "the stuff" to write. Since the previous five points have dwelt primarily upon questions of craft, I thought I would reprint part of my reply to her, as it addresses more nebulous questions of motivation, inspiration, and confidence. It’s long but these q’s are biggies. Here goes :
I never decided to become a writer, in that there was no single moment of realization. I’ve written habitually from a very young age—two or three, when I would dictate stories to my father. I can’t say where the compulsion comes from, only that it’s there, and that I’m happiest when obeying it. Which is to say : it’s the act of writing itself that fulfills me, not the state of being a writer.
That’s a crucial distinction, because there is no standard for what makes someone a writer other than the act of writing. There’s no licensing exam ; no certificate of merit. To be sure, there are academic programs—more on that in a moment—but in my opinion they’re basically worthless. Even publication isn’t a good standard to measure by, because plenty of magnificent writers never publish, and plenty of terrible hacks rule the bestseller lists. So the real question to ask yourself is : do I enjoy doing this ? Does it fill a void that would otherwise be unfillable ? If you love to write and you are willing to write and you actually write, then you’re a writer.End of story.
Getting paid for writing is a separate issue. I wrote for about twenty years without earning any money, but I don’t consider myself any more or less of a writer because I do now. Getting paid is wonderful but it doesn’t make you a writer. Writing does.
To that end, worrying about whether you have “it” or “the stuff” won’t get you very far. What is talent, anyway ? I’m not sure there is any one such quality, and even if it exists, you can’t control how much you were born with. My philosophy—and this applies to all areas of my life, not just writing—is to worry only about those things I can control. Talent is not one of them, so I try not to dwell on it.
Now, you can and should practice your craft. That’s something you can control. You have to write a lot, read a lot, and be extremely self-critical. Even really “talented” writers spend years figuring out how to harness their energies. Story structure, for example, can be learned : you study how great books are put together. You take those lessons and try to apply them to your own work. You practice. You fail. You self-scrutinize. You try again. You may be good ; you may be terrible. Who knows ? But that question cannot and should not prevent you from trying.
We all have fears that hold us back from writing. Fear of failure, of embarrassing ourselves or looking stupid. That’s okay. It’s reasonable to feel afraid of exposing your heart to strangers. But if you love to write, if it makes you happy, if you have something inside you fighting to get out, then you won’t let that fear stand in your way. You’ll kick it to the curb and put some words on the page. Go for it. Just go for it.
I realize that pushing fear aside is easier said than done, and that it might sound as though I never suffer doubts. So let me cop to being plagued by doubt. I spend a lot of my time in a state of high anxiety. I worry about my work and obsess over it. I guess what I try to do is take that nervous energy and use it as motivation to work harder. Because the other option would be to quit. There are times—many, many times—when I want to quit. Thankfully, my wife is around to calm me down, reassure me that I’ve gone through this before and that I’ll get through it again. Without her I’d probably be working in a cubicle right now. Writing is so difficult, so frustrating, so inherently overwhelming, that it helps to surround yourself with people who love you and believe in you. (Again, easier said than done.)
And that same advice goes for yourself, as well : strive to be kind to yourself. If you’re like most writers, you’re a perfectionist. Often I have to remind myself that novels don’t get written in a day, and that it’s okay to stop work before every sentence is 100% pristine. You don’t have to sit down every day confident that you’re going to spin gold. In fact, if you believe that, you’re probably not being self-critical enough. You can’t be afraid to write, but you also can’t be afraid to criticize yourself, and it’s keeping these two ideas in balance that makes the business of writing so emotionally taxing.

Nobody said it was going to be easy.
Jesse Kellerman

(En gras les passages qui me semblent intéressants)

08/12/2009

❘ Nathalie Quintane, poétesse et performeuse ❘


"Je m’appelle Nathalie Quintane / Hello my name is Na-tha-lie-quin-ta-ne / je suis 
née le 8-3-64 / I was born in 1964 in Paris, France / j’habite à…" 




"Je m’appelle encore Nathalie Quintane. Je n’ai pas changé de date de naissance. J’habite toujours au même endroit.

Je suis peu nombreuse mais je suis décidée."

19/06/2009

Zoyâ Pirzâd, savoir renoncer

Le Monde des livres


Entretien Zoyâ Pirzâd : "Les mots dépendent des personnages" (extraits)



Quand on l’interroge sur la pureté de ses textes qui ne s’encombrent jamais d’un mot de trop, elle avoue : "Je suis sans pitié." Tout ce qui n’est pas indispensable, elle le coupe. Parfois, elle reconnaît que c’est un crève-coeur. "Il m’est arrivé de me priver de chapitres entiers que j’adorais, où tout était parfait." Elle se justifie par une certitude enfantine, sa seule mission : ne jamais ennuyer le lecteur. "L’écrivain n’est rien d’autre qu’un lecteur. Lire et écrire, cela revient au même." Voilà pourquoi écrire, c’est d’abord relire.
Patiente, Zoyâ Pirzâd explique : "Mon premier jet est très rapide. Je ne m’attarde pas, je vais jusqu’au bout de l’intrigue. Ensuite seulement, je relis. Je trace des cercles de plus en plus petits jusqu’au coeur de chaque paragraphe, de chaque phrase". Son romanOn s’y fera (Zulma, 2007) a ainsi nécessité quatorze relectures successives. Quatorze versions. D’un geste, elle remercie la providence de l’avoir fait naître à l’âge du traitement de texte. Elle coupe, elle colle, elle déplace. "Au moins, les nouvelles sont un peu plus simples à écrire. Elles sont plus spontanées." Avec malice, elle ajoute : "Elles sont plus courtes."
Propos recueillis par Nils C. Ahl
 Article paru dans l’édition du 19.06.09.

Autres petites phrases


"Les bonnes intrigues sont ainsi : on lit sans vraiment se rendre compte de tous les petits détails, de toutes les intentions de la narration."

"Parfois, j’écris sans m’arrêter, jusqu’à m’effondrer. Je m’y remets au réveil, même s’il est 4 heures du matin."

"Les mots dépendent des personnages, du lieu de l’intrigue. Rien de plus."
"La faculté d’écrire n’a rien à voir avec l’écriture. En fait, être un écrivain, c’est voir les choses différemment. Les voir tout court. Ne pas juste se contenter de regarder par la fenêtre."

28/05/2009

Martin Winckler, l’écriture et les séries TV

De l'influence des séries TV sur l'écriture


Martin Winckler, auteur de La Maladie de Sachs.


"Le premier roman est construit selon la structure d’une première saison d’une série du câble type Sopranos ou Mad Men. Le second raconte la « deuxième saison » à travers le regard de ses spectateurs (un couple qui a vu la première, un ami qui découvre la 2e avec eux et leur demande de le « mettre au parfum ») et le troisième (à paraître en juin) raconte la troisième saison de la série à travers son écriture par deux scénaristes."


Des séries TV à l'écriture



"Je peux (et j’essaie de le faire) tirer des leçons des séries et de ce qu’elles arrivent à produire chez moi, spectateur, par la liberté d’utilisation des formes, des tons, des genres et le type de relation qu’elle entretient avec le spectateur – et travailler à produire le même genre d’effet chez le lecteur. Ainsi, je n’ai pas peur d’écrire sans toujours savoir où je vais mais en laissant les personnages « devenir » ce que je n’avais pas prévu ; d’alterner scènes réalistes, scènes de comédie romantique ou scènes fantastiques dans le même chapitre ; de semer des phrases, par-ci par-là, qui annoncent (sans le dire) ce qui va suivre ; de faire appel à la mémoire du lecteur pour se souvenir (ou non) de ce qui a été dit longtemps auparavant ; d’intégrer le monde alentour (politique, culturel, symbolique) dans les propos des personnages ; de faire ouvertement appel à la complicité du lecteur (comme beaucoup de séries le font) pour « huiler les rouages » de la narration. Ce que les séries m’ont appris de plus important, au fond, c’est que je peux faire confiance au lecteur et qu’il est un partenaire actif dans le fonctionnement du livre, malgré les aléas de l’écriture."
Extraits d’un article paru dans Télérama.fr en mai 2009, écrit par l’auteur.

15/04/2009

❘ Stand by me ❘

Playing For Change : Song Around the World "Stand By Me"



12/04/2009

Éric Chevillard - Quand le hérisson déboule…

L'ÉCRITURE COMME ELLE VIENT


J’aimerais vous interroger sur la façon dont vous concevez et composez vos livres : Ecrivez-vous à partir d’une phrase initiale, de laquelle la suite découlerait, ou bien pensez-vous vos livres davantage en terme de plan, les phrases venant « après » ?


éric chevillardLe plus souvent, c’est un engagement à corps perdu, droit devant dans l’espace infiniment ouvert du songe et de la spéculation, et l’envie d’en découdre là, sur ce terrain à moi propice, avec le principe de réalité. Un thème, une idée, une phrase, et c’est parti, il y a une logique à l’œuvre dans la langue, je vais la faire jouer pour moi contre les buts qu’elle sert ordinairement, profiter du rail lisse et bien huilé de ce tortillard pour lancer ma fusée. En revanche, à l’exception des Absences du capitaine Cook et de La Nébuleuse du Crabe (prolongée d’ailleurs dans Un Fantôme ), conçus ceux-là comme des livres possiblement infinis, il me semble que mes récits ne pourraient se poursuivre au-delà de leur terme, soudain c’est terminé, matière épuisée, figure achevée. Ils se construisent du coup comme rétrospectivement. Dans Préhistoire ou Démolir Nisard, le dénouement ordonne le récit, exactement selon les termes de Malraux : la mort change la vie en destin. Vrai aussi que le geste ne s’interrompt pas et que le livre suivant naît dans l’élan.


Florine Leplâtre / Douze questions à Eric Chevillard Inventaire/Invention

01/02/2009

Avec des choses comme ça

Tanguy Viel, Paris-Brest, Les éditions de minuit, 2009



"Alors dès que j’ai monté les sept étages parisiens jusqu’à cette chambre, dès que j’ai plongé les yeux par la fenêtre sur le jardin du Luxembourg, quand j’ai senti remonter en moi la sensation de l’eau froide dans mes chaussures, bien sûr je n’ai pas hésité, et j’ai signé le bail. C’est avec des choses comme ça qu’on écrit, ça et pas autre chose, ai-je encore pensé dans ce train qui me ramenait là, pour solde de tout compte, le 20 décembre 2000."

Paris-Brest, page 145.
Exemple de l’expérience de l’écriture comme elle vient